Hier soir, Première de Faust au Staatsoper. La dernière production signée Ken Russel remontait à 1985 et
n'était pas restée très longtemps au répertoire. On peut dire beaucoup de choses sur Holender, le fait est qu'il a beaucoup fait pour le répertoire français : à côté de "tubes" comme Werther, il
a quand même osé le Prophète (coupé certes), la Juive, Guillaume Tell, Don Carlos, Hérodiade, Manon, Roméo et Juliette et pour son avant-dernière saison a décidé de remonter Faust.
L'ensemble était plutôt alléchant : Bertrand de Billy au pupitre, Nicolas Joël à la mise en scène et une distribution de haut vol : Alagna, Gheorghiu, Youn. Le destin a voulu que Nicolas Joël,
malade soit remplacé par son assistant. Par ailleurs, le créateur des décors est mort il y 6 mois!
Scéniquement, on reste complètement sur sa faim : trois panneaux blanc qui pivotent et abritent tour à tour le jardin de Marguerite, l'orgue, les sorcières de la nuit de Walpurgis... Rien
d'original, rien de beau non plus. On attend parfois des effets spectaculaires...en vain. On regrette que le Staatsoper n'ait pas acheté la production de David McVicar, vue à Londres et à
Monaco.
C'est du côté musical qu'il faut "regarder". L'orchestre est resplandissant (sauf la trompette au début de la scène de la kermesse...), en particulier le violon solo dans l'air de Faust. Bertrand
de Billy dirige avec une poésie infinie. Roberto Alagna est remarquable, parfois un peu avare de nuances et un peu cabotin (la roue qu'il effectue après sa métamorphose par exemple...) mais on
lui pardonne tout tant le timbre est rayonnant et la diction parfaite. A ses côté, Angela Ghorghiu est vocalement idéale, scéniquement aussi. On lui reprochera sa diction parfois approximative et
quelques erreurs dans les paroles...sans compter sa volonté d'avoir voulu faire couper la scène du rouet. Kangchul Youn est un Méphistophélès de première classe tout comme le Valentin d'Adrian
Eröd, toujours impeccable de style, peut-être un peu fatigué hier (mais il chante en même temps dans Capriccio...). Enfin, erreur de casting, le Siébel de Michaela Selinger, de plus en plus grise
de timbre, mêlant acidité et incertitudes d'intonation.
par wienergigi
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Bien sûr, la fatigue s'explique : entre un emploi du temps concentré sur l'après-midi, un peu de sport et le
concerts, rien d'étonnant à ce qu'en ce samedi matin, je sois HS, levé à 10h et sur le départ pour la reprise des répétitions de la Singakademie.
Depuis dimanche, 4 concerts d'exception : tout d'abord au Musikverein le concerto pour piano n°4 de Beethoven par Pollini et Abbado, deux géants de la musique, le premier ayant servi
magnifiquement Beethoven tout au long de sa carrière, le second étant l'un des derniers grands chefs du XXème siècle, successeur de Karajan à la tête du Philharmonique de Berlin. Malgré la
maladie qui le ronge, il a donné une interprétation mémorable de la Fantastique de Berlioz.
Lundi, Marie malade, j'ai accompagné Isabelle pour mon deuxième Ariodante. La rencontre avec Danielle de Niese a été un choc.
Mercredi troisième Ariodante (mon abonnement)...
Hier vendredi, à nouveau le Musikverein, toujours avec Abbado mais un programme différent : une pièce de Tchaikovski, l'oiseau de feu de Stravinsky et surtout le concerto pour piano n°2 de
Rachmaninov avec Hélène Grimaud. De quoi avoir des frissons. Et comme je ne voulais pas partir sans avoir immortalisé la belle Danielle de Niese, je suis allé faire un petit tour à la sortie du
Theater an der Wien...

par wienergigi
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Dernier opéra du marathon entammé la semaine précédente : Ariodante de Handel au
Theater an der Wien. Ouvrage majeur du Saxon, Ariodante est le premier qui fut représenté à Londres si je ne m'abuse. L'ouvrage a connu une renommée sans précédent il y a dix ans avec la parution
du magnifique enregistrement de Minkowski. Alors, la barre était tellement haute qu'il a fallu faire abstraction de la perfection (von Otter, Podles, Dawson, Cangemi...).
L'histoire est comme souvent sans grand intérêt : amours contrariées par la jalousie et la soif de pouvoir et le spectateur doit pouvoir compter sur une production intelligente et une exécution
musicale sans faille. En ce qui concerne la production, pas de quoi se pâmer, pas de quoi s'ennuyer non plus. Tout au plus est-on gêné par des costumes fort laids et des ballets (drôles) mais qui
ne font pas toujours sens.
Sur le plan musical, c'est autre chose : Christophe Rousset, qui avait dirigé le même spectacle au Théâtre des champs Elysées l'an passé s'en tire avec les honneurs : très bel orchestre (on
pourrait cependant tirer sur les cuivres, insupportables), bon équilibre, belles nuances. Côté chanteurs, Angelika Kirchschlager a déclaré forfait, remplacée avantageusement par l'Australienne
Caitlin Hulcup qui fait valoir une bonne technique et un timbre attachant; Danielle de Niese, dont c'était les débuts à Vienne, n'a pas convaincu le public très froid à son égard. Je l'ai trouvée
pour ma part superbe de présence, avec cette fragilité dans le timbre qui sied bien à Ginevra. Son grand air du II était très émouvant. Vivica Genaux, excellente vocaliste parvient à rendre la
noirceur de Polinesso. Belle Dalinda de Schiavo et du côté masculin, belles performances de Pisaroni en roi d'Ecosse et de Topi Lehtipuu en frère d'Ariodante même si le rôle semble un peu grave
pour lui.
Et puis comment résister au charme de Danielle de Niese.
par wienergigi
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Chantera, chantera pas ? Telle est la question brûlante que se posaient les Viennois depuis des semaines. L'événement le plus important
dans la capitale autrichienne après la coupe d'Europe, le Méga concert à Schönbrunn avec Anna Netrebko, Placido Domingo, Rolando Villazon, le RSO sous la direction de Bertrand de Billy.
Contre toute attente, Anna a chanté après avoir annulé plusieurs Juliette à la Bastille. Et en plus très bien. C'est la première fois que j'assiste à un de ces concerts en plein air, sonorisés.
De ce point de vue, pas très agréable quand on est habitué aux salles fermées ou même au théâtre antique à Orange. Le son est métallique, pas très équilibré. L'orchestre est celui qui souffre le
plus. Mais led cadre est très beau, en particulier lorsque les derniers rayons du soleil viennent se réverbérer sur la pierre jaune de Schönbrunn. Un programme très éclectique (de Wagner à Lehar
en passant par Rimsky Korsakov et du Musical). La sauce prend bien sûr, le public étant totalement acquis aux artistes. Et puis quelle chance que l'orage quotidien n'ait pas eu lieu. Nos artistes
enchaînent airs, duos et le tout plutôt bien. Domingo est impressionnant, Villazon énergique même si la fatigue se faisait parfois sentir et Anna radieuse (malgré là aussi un aigu un peu à côté
dans un air d'opérette. Mais quelles filles de Cadix de Delibes, avec un français nettement amélioré). En prime, 4 bis (3 solos et l'inévitable Brindisi de Traviata). Une belle soirée.
par wienergigi
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En souvenir de ce beau spectacle en décembre.
Evidemment, Agnes Baltsa est extra...
par wienergigi
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