NOTES D'UN EXILE CANNOIS A VIENNE
Capriccio est le dernier opéra composé par Richard Strauss, sur un livret cosigné par lui-même et le chef d'orchestre Clemens Krauss,
représenté pour la première fois à Munich en 1942!!!
L'oeuvre n'a rien d'une tragédie antique (Elektra) ni d'une comédie en musique (Rosenkavalier). C'est une cnversation en musique sur le thème de la primauté du texte sur la musique ou
l'inverse. Pas que quoi faire un opéra ? Eh bien si. Musique raffinée, réflexion sur l'opéra, le théâtre, l'amour. Des personnages hauts en couleurs, de belles pages en particulier la scène
finale où la Comtesse Madeleine, amoureuse se révèle incapable de trancher entre le compositeur Flamand et le poête Olivier, considérant que l'un ne peut pas aller sans l'autre.
Dernière nouvelle production de la saison, Capriccio a remporté un triomphe mérité : très belle direction de Philippe Jordan, qui ne ménage pas ses efforts dans la fosse et qui laisse parfois
l'orchestre s'emporter un peu trop. Mais l'opulence de certaines pages s'y prête. La mise en scène et les décors des Marelli dont on reconnaît une fois de plus la marque de fabrique fonctionnent
à merveille : couleurs vives, décors tournants, des costumes magnifiques. La distribution est presque sans faille, dominée par une Renée Fleming en état de grâce à qui décidément Strauss convient
à merveille, tour à tour espiègle puis nostalgique, avec son timbre de miel. A ses côtés, Michael Schade et Adrian Eröd, en frères ennemis sont parfaits tant sur le plan scénique que vocal, tout
comme le couple de chanteurs italiens campé par Jane Archibald et Cosmin Ifirm. Le comte de Skovhus est remarquablement interprété. Pour moi, son meilleur rôle actuellement. Les deux légers
bémols : La Clairon d'Angelika Kirchschlager et le La Roche de Franz Hawlata, très bons acteurs mais dont la voix semble un peu vieillie. Mais ce ne sont là que de petits chipotages.
Adrian Eröd, Renée Fleming, Philippe Jordan et Michael Schade
Bo Skovhus et Angelika Kirchschlager