Ce mois-ci, l'événement lyrique à Vienne est Pelléas et Mélisande au Theater an der
Wien.
C'est un opéra avec lequel j'ai toujours eu du mal : texte symboliste
hermétique de Maeterlinck, absence d'envolées lyriques. Mais ce qui nous a été proposé ici m'a fait changé d'avis. Une équipe bien soudée qui a donné de beaux succès d'Orphée aux Enfers à la
Fille du Régiment en est en partie responsable.
Natalie Dessay est donc Mélisande. En aucun cas une partition virtuose mais certainement une source d'inspiration pour la soprano qui en donne une
version tour à tour mystérieuse et touchante, sans mièvrerie (mais de ça, Natalie en est incapable). A ses côtés, Stéphane Degout fait valoir un timbre somptueux et une arrogante santé vocale,
tout en nuances. Laurent Naouri trouve dans le frère de Pelléas, Golaud l'un de ses meilleurs rôles, tour à tour inquiétant, pitoyable, impuissant face à l'amour que se portent Pelléas et
Mélisande. Un imposant Arkel (Philipp Ens) et une digne Geneviève (Marie-Nicole Lemieux), sans oublier un Yniold parfait (Beate Ritter) complètent la distribution. Dans la fosse, Bertrand de
Billy montre une fois de plus ses affinités avec la musique française. Pas un moment d'ennui. De superbes couleurs et de très beaux contrastes dans cette partition impressionniste. Coté régie,
Laurent Pelly et Chantal Thomas ont démontré que le drame leur allait aussi bien que la comédie. Un décor sur plateau tournant nous emmène à la fontaine, dans la tour, dans la chambre. La forêt
et l'eau sont omniprésentes. Comme toujours avec Laurent Pelly, le travail d'acteur est fouillé dans les moindres détails.
En rentrant de Cannes, week-end chargé : Esther en concert, Intermezzo de Strauss au Theater an der Wien,
dirigé par Kirill Petrenko avec les formidables Carola Glaser et Bo Skovhus. De la conversation en musique qui rendrait Isabelle chèvre mais qui ma beaucoup touché avec de très beaux passages
lyriques. Une oeuvre rarement jouée mais très intéressante.
Le lendemain, deuxième représentation du Crépuscule des Dieux après la générale. Un moment magique. Si la mise en scène n'a rien de franchement exceptionnel si ce n'est quelques beaux tableaux
comme la scène des Nornes, la direction musicale de Welser Möst et la performance des solistes sont inoubliables. Stephen Gould se révèle meilleur ici que dans Siegfried, Eva Johansson fait
preuve d'un tel engagement qu'on oublie ces notes un peu en-dessous. Eric Halfvarson est impressionnant en Hagen, inquiétant, manipulateur et pourtant manipulé par son père. Les seconds rôles
sont tous admirablement tenus avec une mention spéciale pour Mihoko Fujimura en Waltraute, la deuxième norne d'Elisabeth Kulman et la Flosshilde de Juliette.
Juju
Comme l'an dernier, un petit voyage à Cannes avec les élèves de 1° une semaine avant les vacances, histoire de
prendre le soleil, de voir des films et de sortir du cadre du lycée après les conseils de classe.
Côté temps as de chance cette année : pluie et pluie. sauf à l'arrivée et au départ. Mais quand on est dans les salles obscures, c'est pas trop grave, et quand Laurent Delmas anime le
stage de critique, on finit par tout oublier. Les élèves ont été enchantés par l'expérience. Et nous aussi. Quelques très bons films comme Boy A ou les fêtes du 15 août, le plaisir de revoir Un
éléphant ça trompe énormément avec un petit speech de Marthe Villalonga.
Et puis passer un peu de temps avec les amis : Gérard, Christiane, Domie, Pierre, Aurélie, Damien, Aline et la délicieuse Anne... même si ce fut (trop) court.
Un cours sur la
plage
Un petit plateau de fruits de mer chez Brun