La semaine a été plutôt mouvementée. Le Höhepunkt comme on dit ici (point culminant) était très certainement mardi, à la première de Pelléas, suivie d'un dîner à l'ambassade. C'était la première fois que je pénétrais dans ce magnifique bâtiment art nouveau. Tous les fastes de la France : repas succulent, couverts en argent, serviettes brodées, verres remplis... Mais sous des dehors guindés, un repas en fait très sympathique passé à la table de la truculente Marie-Nicole Lemieux, de Bertrand de Billy et de la masseuse de Natalie avec qui j'ai beaucoup parlé.

La veille, un excellent Rosenkavalier avec Elina Garanca, décidément le meilleur Octavian que j'ai jamais entendu et Soile Isokoski qui campait une très belle Maréchale, sans oublier la Sophie parfaite d'Ileana Tonca.
Le lendemain, une Manon très moyenne, rachetée en 2ème partie par une Inva Mula émouvante.

Samedi, anniversaire de Pauline. Je me retrouve comme toujours le plus âgé de la fête mais c'est amusant de voir tous ces étudiants refaire le monde. C'est la première fois que je parle théologie pour une occasion pareille. D'après Pauline, j'ai choqué mon interlocuteur par mon air désabusé et désillusionné.


Pauline et Kyoko


Martin et Vero

Enfin, Dimanche, Elina Garanca again qui donnait un concert au Musikverein sous la direction de son époux. Les pages symphoniques étaient sans intérêt, mais les airs (Mozart pour l'essentiel) étaient interprétés avec une telle assurance. Une Fiordiligi parfaite à mon sens.


La superbe Elina Garanca 
Ce mois-ci, l'événement lyrique à Vienne est Pelléas et Mélisande au Theater an der Wien.
C'est un opéra avec lequel j'ai toujours eu du mal : texte symboliste hermétique de Maeterlinck, absence d'envolées lyriques. Mais ce qui nous a été proposé ici m'a fait changé d'avis. Une équipe bien soudée qui a donné de beaux succès d'Orphée aux Enfers à la Fille du Régiment en est en partie responsable.
Natalie Dessay est donc Mélisande. En aucun cas une partition virtuose mais certainement une source d'inspiration pour la soprano qui en donne une version tour à tour mystérieuse et touchante, sans mièvrerie (mais de ça, Natalie en est incapable). A ses côtés, Stéphane Degout fait valoir un timbre somptueux et une arrogante santé vocale, tout en nuances. Laurent Naouri trouve dans le frère de Pelléas, Golaud l'un de ses meilleurs rôles, tour à tour inquiétant, pitoyable, impuissant face à l'amour que se portent Pelléas et Mélisande. Un imposant Arkel (Philipp Ens) et une digne Geneviève (Marie-Nicole Lemieux), sans oublier un Yniold parfait (Beate Ritter) complètent la distribution. Dans la fosse, Bertrand de Billy montre une fois de plus ses affinités avec la musique française. Pas un moment d'ennui. De superbes couleurs et de très beaux contrastes dans cette partition impressionniste. Coté régie, Laurent Pelly et Chantal Thomas ont démontré que le drame leur allait aussi bien que la comédie. Un décor sur plateau tournant nous emmène à la fontaine, dans la tour, dans la chambre. La forêt et l'eau sont omniprésentes. Comme toujours avec Laurent Pelly, le travail d'acteur est fouillé dans les moindres détails.



 

Ca y est, les vacances s'achèvent. Des vacances que j'ai envie de qualifier de merveilleuses. Merveilleuses à plus d'un titre. D'abord par le fait de retrouver famille et amis de Cannes ou d'ailleurs (ma filleule et sa formidable famille de Boston/Six Fours), de passer de bons moments, de bien bouffer (un peu trop d'ailleurs mais c'est Nöel!).
Merveilleuses aussi parce la semaine passée à Vienne m'a permis de chanter trois fois sous la direction de Marc Minkowski la 9ème de Beethoven. Des moments de grâce, d'émotion comme rarement j'en aurais éprouvés en concert. Et puis, il y avait de très belles expositions : au Parlement sur l'histoire de la République autrichienne, au Leopoldmuseum avec une rétrospective Schad, au Belvedere avec la reconstitution d'une exposition de 1908 mettant dans un cadre exceptionnels des tableaux cent fois vus de Klimt mais aussi de ses contemporains, peintres, sculpteurs, architectes...
Le 31, nous étions à Schönbrunn : feux d'artifice et champagne sur la Gloriette sur fond de Beau Danube Bleu.
Mais le merveilleux vient surtout du côté sentimental et amoureux. Je n'en dirai pas plus.
Bonne année 2009. Elle semble bien commencer.












 

En rentrant de Cannes, week-end chargé : Esther en concert, Intermezzo de Strauss au Theater an der Wien, dirigé par Kirill Petrenko avec les formidables Carola Glaser et Bo Skovhus. De la conversation en musique qui rendrait Isabelle chèvre mais qui ma beaucoup touché avec de très beaux passages lyriques. Une oeuvre rarement jouée mais très intéressante.
Le lendemain, deuxième représentation du Crépuscule des Dieux après la générale. Un moment magique. Si la mise en scène n'a rien de franchement exceptionnel si ce n'est quelques beaux tableaux comme la scène des Nornes, la direction musicale de Welser Möst et la performance des solistes sont inoubliables. Stephen Gould se révèle meilleur ici que dans Siegfried, Eva Johansson fait preuve d'un tel engagement qu'on oublie ces notes un peu en-dessous. Eric Halfvarson est impressionnant en Hagen, inquiétant, manipulateur et pourtant manipulé par son père. Les seconds rôles sont tous admirablement tenus avec une mention  spéciale pour Mihoko Fujimura en Waltraute, la deuxième norne d'Elisabeth Kulman et la Flosshilde de Juliette.


Juju

Comme l'an dernier, un petit voyage à Cannes avec les élèves de 1° une semaine avant les vacances, histoire de prendre le soleil, de voir des films et de sortir du cadre du lycée après les conseils de classe.
Côté temps as de chance cette année : pluie et pluie. sauf à l'arrivée et au départ. Mais quand on est dans les salles obscures, c'est pas trop grave, et quand Laurent Delmas anime le stage de critique, on finit par tout oublier. Les élèves ont été enchantés par l'expérience. Et nous aussi. Quelques très bons films comme Boy A ou les fêtes du 15 août, le plaisir de revoir Un éléphant ça trompe énormément avec un petit speech de Marthe Villalonga.
Et puis passer un peu de temps avec les amis : Gérard, Christiane, Domie, Pierre, Aurélie, Damien, Aline et la délicieuse Anne... même si ce fut (trop) court.

Un cours sur la plage



Un petit plateau de fruits de mer chez Brun

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