Pas d'Ozawa mais Alan Titus en Holländer, les débuts de Klaus Florian Vogt au Staatsoper dans Erik (voix de Heldentenor exceptionnelle) et le plaisir de
retrouver Nina Stemme en Senta. La production de Christine Mielitz avec son côté fantastique est plaisante. Voilà pour bien commencer les vacances.
Le rideau final du Vaisseau Fantôme : Schirmer, Stemme, Titus, Baechle.
Klaus-Florian Vogt
Le lendemain, départ pour Budapest : musées (très intéressante exposition Médicis, impressionte maison de la Terreur qui rappelle les tortures des ères Horthy, nazie et communiste), cafés
(les très beaux Lukacs et NY), bains Szechenyi et synagogues avec un monument qui commémore la shoah très original. Sans oublier le restaurant attrape-couillon recommandé par l'hôtel avec comme
dessert, une "crème caramelle de Cannes". Comme quoi, c'est une ville universellement connue.
Le musée des Beaux-arts, place des héros.
Le café Lukacs
La carte en français du restau...je sais plus son nom.
Le monument à la mémoire des victimes de la Shoah. Chaque feuille du saule porte un nom.
Ca y est, la saison de la maison d'hôte a commencé. En hiver, c'est sympa car pas trop de bousculade. Christiane et Gérard ont été les premiers de l'année. C'est
toujours sympa de les retrouver. Outre le fait qu'ils sont super sympas et attentionnés, ils sont autonomes et ça compte quand on doit se remettre d'une semaine très chargée et qu'on a encore du
boulot à la maison. Alors, on a bien papoté, bien bu et bien mangé. Seule ombre au tableau : pour son premier opéra, Gérard s'est vu infligé les Contes d'Hoffmann au Volksoper dans une nouvelle
production, en allemand, tout ce qu'on fait de pire : mise en scène peu inspirée, couleurs criardes, coupures insupportables, non sens, voix plutôt oubliables, direction molle. Bref une torture
qu'il a bien fallu oublier par un petit risotto de chez Amacord.
Hier, première de la musikalische Neueinstudierung de Cosi. Proszeniumloge, avec vue sur le chef et les 3/4 de la scène. Il y avait un intérêt à cette place stratégique : le chef, c'était Muti et
comme sa présence dans la fosse est plutôt rare, le voir était une immense chance, le voir communiquer avec l'orchestre et les chanteurs, le voir rire ou bien s'énerver devant tel petit décalage.
C'est un grand et qui connaît son Cosi sur le bout des doigts. Pour s'en convaincre un DVD de Salzbourg en 83 et un energistrement live du même festival un an plus tôt avec une "modeste"
distribution : Marshall, Baltsa, Battle, Araiza, Morris et van Dam !
Ici, l'équipe de chanteurs n'a rien à envier à celle de Salzbourg : Frittoli est une Fiordiligi de rêve et son Per pieta, comme son Dove sono de la Comtesse des Noces il y a deux
ans avec le même chef est anthologique. Même si le vibrato est un peu lent, elle réussit à nous transporter ailleurs. Kirchschlager est une pétulante Dorabella (j'avais préféré Garanca l'an passé),
d'Arcangelo toujours aussi sexy; Francesco Meli a un superbe timbre et campe un Ferrando plus que convaincant. Enfin Laura Tatulescu est une Despina tout simplement géniale.
Au lycée, c'était Carnaval mardi. Des déguisements sympas. Hier, distribution des roses. Les élèves commandent à l'avance des roses. Ils écrivent un petit mot et quelques jours après, les
destinataires reçoivent leurs présents. C'est amusant mais on voit aussi la popularité ou la non-popularité des uns et des autres... Et puis difficile de faire cours quand il y a tous ces petits
mots à lire...
Une semaine encore bien chargée et aussi mouvementée...
Toujours des soucis avec ma collègue autrichienne pour l'intégration des programmes. On se croirait revenu au temps du Congrès de Vienne. Et me voici à jouer les Talleyrand face à un Metternich
avide. Mais passons sur cet événement comme sur quelques anicroches de couple qui ont failli tourner au drame. Interpol et Europol étaient déjà en ligne...
Ces derniers jours ont été marqués par deux supers supers événements. Le premier, me rétorquera-t-on n'en est pas un, puisqu'il s'agissait de ma troisième production d'Elektra avec Agnes Baltsa
en Clytemnestre. Cette fois-ci c'était à Munich dans une production d'Herbert Wernicke, célèbre metteur en scène allemand. Celui-ci, dans le programme, explique que la tragédie grecque est une
affaire de sentiments et que tout se joue dans les gestes et les regards. Point de décor monumental ici, un grand panneau carré bouchant la scène s'ouvrant de temps à autre pour laisser entrer un
personnage. Derrière, des murs blancs éclairés de couleurs différentes, là aussi pour souligner l'état émotionnel des protagonistes. Elektra est vêtue de noir, Chrisotémis de blanc, Clytemnestre
de rouge avec une parure de diamants (que Chrisotémis portera à la fin) et surtout un immense manteau de velours brodé d'or (réplique du rideau de scène de l'opéra de Muncih) dans lequel eslle
affirme sa puissance puis se protège de sa fille. A la fin, Oreste, en smoking noir, le revêt à son tour. Images fortes certes mais production moins imaginative qu'à Budapest. Agnes Baltsa
affirme que sa production préférée est celle de Robert Carsen qu'elle a jouée à Tokyo et qu'elle reprend à Florence le mois prochain. Je l'attends avec impatience. Musicalement, la direction du
très jeune Johannes Debus manque un peu d'allant mais pas de contratses. Gabriele Schnaut, habituée de Wagner, met un peu de temps à se chauffer (premier monologue) mais ensuite, elle réussit de
beaux effets avec une voix dense et tranchante. La caractérisation manque cependant parfois de relief. Je retrouvais Melanie Diener, Chrisotémis à Vienne en avril mai. Même impression d'une
chanteuse dépassée par les événement et peu concernée par son personnage. Oreste honnête et Egisthe très bon du vétéran wagnérien Reiner Goldberg. Reste Agnes... toujours aussi habitée par son
personnage, peut-être un peu moins en forme qu'à Budapest. Le duo avec Elektra demeure le must de la soirée. Peu d'appaudissements à la fin, exceptés pour la performance de Schnaut. Soirée
d'abonnement oblige.
Le lendemain, petit tour rapide dans Munich où je n'étais plus retourné depuis 1994. La ville est toujours aussi agréable. Davantage de magasins de luxe, de chaînes. Un détour par la Glyptothèque
pour admirer le faune Barberini et puis par la suberbe Asamkirche.
Retour sur l'aéroport, arrivée sur les chapeaux de roue pour aller chercher mon frack obligatoire pour l'opernball, ménage pour rendre l'appartement habitable pour Gérard et Christiane, taxi pour
l'opéra car une annonce de manifestation antibal avait bloqué un périmètre de 200 m autour du Staatsoper. Marie vient me chercher et hop, nous voici à l'événement le plus mondain de l'année. Tout
le gratin autrichien est là : le président, le gouvernement au complet en costume d'apparat. Le décor est fabuleux, les toilettes plus ou moins somptueuses. On rigole bien à observer les uns et
les autres, ici une barbie rose, là une Sissi chonguette. Les débutants arrivent se placent tout autour de la scène. Un ballet en hommage au foot (l'Euro 2008 se passe en patie ici) pas des plus
intéressants précède l'intervention du vétéran José Carreras. La voix n'est plus qu'une trame mais c'est émouvant de revoir cet immense ténor interpréter deux ou trois chansons napolitaines, lui
qui fut le Don José des années 80. Enfin, le bal est déclaré ouvert : marche de Radetzky, Beau Danube bleu par les débutants et puis Alle Walzer, tout le monde danse. C'est féérique. J'alterne
les valses et les polkas avec Marie et sa mère. On a même dansé à côté de Teri Hatcher, la Susan Mayer de Desperate Housewives. A minuit, le quadrille. Un petit tour par les dédales de l'opéra où
le moindre espace abrite un bar, un heuriger, une discothèque. Le clou : le pink bar sur la terrasse du foyer : bar japanisant avec ambiance techno à côté du foyer transformé en casino. Il est 3
heures du matin et on continuerait bien plus longtemps n'étaient le réveil à 6h25 et les cours à assurer (6 heures). Bref, il faut partir, avec beaucoup de regret. On remet ça l'année
prochaine.
Dimanche ! Mein Gott !
Encore plein de boulot après une semaine passée au turbin entre les cours et les réunions (4 !). Sans parler de la galette des rois du lycée et une petite remarque déplacée de l'ambassadeur à
propos de la mort de Louis XVI dont nous fêtions le 215ème anniversaire de la mort.
J'ai essayé de retourer plus régulièrement à la salle de sport : 3 fois. Il faut dire que je n'aperçois même plus mes abdos... Certain Hospo malveillant parlerait de mon narcissisme...
Peut-être mais bof, c'est pas top dans la glace le matin et puis les jours rallongent (Il fait nuit à 16h30 seulement au lieu de 15h30 le mois dernier) signe du printemps qui arrive.
Les températures sont clémentes même si la pluie est aujourd'hui battante avec un vent à décorner les boeufs.
Nos sessions de répétitions pour les Capulets sont terminées pour l'instant. Un vrai plaisir de chanter du bel canto.
Hier, journée opéra avec quelques copains du choeur. On donnait au Staatsooper la dernière représentation des Maîtres Chanteurs de Wagner. C'était en 1986 mon premier opéra, à Nice Acropolis, et
maman avit voulu partir à la fin du prmier acte. Il faut dire que l'opéra en lui-même dure 4h30. Calculez avec les entr'actes (2). A cela, vous rajouter les 4 heures de queue avant. Arrivé à 13h,
je suis sorti à 23 h!!!!!!!!!!!! ET c'était plein.
Il faut dire quil s'agissait de l'événement de janvier : Chirstian Thielemann, que certains considèrent comme un nouveau Karajan (sur le plan du génie musical, pas de la taille car il fait le
double), dirigeait l'oeuvre après plusieurs séances de répétitions (à Vienne, lorsqu'il s'agit de reprise, il n'y a qu'une répétition en général). On sent que l'orchestre appréccie le
chef car le son qui sort de la fosse est absolument génial et le beau Christian fait oublier la fatigue du spectateur debout. La distribution était top niveau : Johan Botha, Walther von Stolzing de
rêve sur le plan vocal, ne peut empêcher de faire parfois sourire lorsque le plancher craque ou lorsqu'il court. Le rôle du Maître bien aimé Hans Sachs était tenu par Wolfgang Koch,
baryton qui est venu à la rescousse du KS Falk Struckmann apparemment vocalement dépassé par le rôle lors des précédentes représentations. La voix est magnifique, la présence aussi. Ain Anger
campait un très autoritaire Veit Pogner, Michael Schade un David très convaincant, de même que Adrian Eröd un très drôle Beckmesser, plus séduisant qu'à l'habitude. Lês rôles féminins, réduits à
deux ne sont pas inoubliables : Ricarda Merbeth est digne mais sans véritable aura; Michaela Selinger passable. Mais la production d'Otto Schenk qui reproduit un Nuremberg de carte postale est
datée (1975).
Petite découverte : le premier récital de Jonas Kaufmann sorti chez Decca : un sex symbol avec une très belle voix même si le contre-ut de la cabalette de Traviata n'est pas le meilleur moment du
disque.
Au lycée français, on aime les réunions, et les parents qui paient cher pour leurs bambins aiment rencontrer les professeurs. Une fois par an, le temps
d'une journée banalisée, on se met face à nos interlocuteurs et on débite un peu la même chose à tous : manque de travail de rigueur ou bien c'est excellent. La prochaine fois, j'arrive avec un magnétophone. Sans compter les parents qui ne se gênent pas pour rester des plombes et qui racontent leur vie. Après le déjeuner, c'est
carrément soporifique.
Heureusement, pour maintenir un certain degré d'adrénaline, Charity nous avait mis la pression, persuadée qu'au délicieux petit restau à côté de l'Institut, une cliente (frenchie ?) avait écouté
toutes les insanités que nous avions proférées sur certains parents et/ou élèves et que notre réputation était fichue.
Chapitre énervant : les collègues austros qui ne semblent pas vouloir changer leurs programmes d'Histoire-Géo qu'ils enseignent depuis 17 ans. Il faut jongler
entre les coups de colère et larmes. Et j'aime pas les conflits.
Musicalement, c'est mieux et même beaucoup mieux. La reprise de Manon avec une distribution complètement renouvelée et des coupures dignes d'une hécatombe du
temps de la Terreur n'était pas si mal : Villazon en meilleure forme que dans Werther mais moins bon qu'à Barcelone, Amsellem émouvante même si elle n'a pas le glamour de Netrebko (mais on la
comprend elle). En revanche, les trois putes, réduites à leur plus simple expression, n'étaient même pas digne d'un bordel de la rue Ste Anne. Rappelez Juliette, Sophie et Simina.
Mais c'est au Theater an der Wien que l'opéra retrouvait ses droits. Avec une nouvelle production des Dialogues des Carmélites, das neue Opernhaus joue une fois de plus l'originalité et marque
encore un point. Direction tendue au maximum de Bertrand de Billy, mise en scène tout en finesse avec de superbes éclairages au milieu d'un plateau complètement dépouillé. Robert Carsen a signé
un finale qui m'a ému aux. Dans une chorégraphie magnifique, les Carmélites tombent les unes après les autres, les bras en croix. Saisissant ! Du côté des voix, rien à dire : du grand art avec
Lipovsek, Breedt, Brunner, Beuron, Lafont, Petibon et Sally Mathews en Blanche de la Force.
Ce matin, changement d'ambiance avec le choeur juif de Vienne où m'avait invité une élève. Y a pas à dire, cette musique est vraiment géniale : elle vous arrache les tripes ou bien elle vous
entraîne dans un tourbillon de bonheur.