Deux beaux concerts au Musikverein dimanche et lundi. Derniers concerts de deux abonnements dont je n'ai guère profité cette année.
Dimanche, les Saisons de Haydn par le Concentus Musicus et Harnoncourt avec l'Arnold Schoenberg Chor, Genia Kühmeier, Ian Bostridge et Gerald Finley. Une très belle oeuvre, magnifiquement servie
même si Bostridge en fait un peu trop. Et puis l'orage dehors au moment de l'automne et de l'hiver, c'était saisissant. J'adore l'air de basse pour l'automne : scène de chasse.
Hier soir, Freiburg barockorchester avec Patricia Petibon : un programme Mozart/Haydn bien choisi. D'excellents instrumentistes, une belle homogénéité et Patricia Petibon très en voix et très
investie dans quelques airs (redoutables) de Lucio Silla et un air de Concert de Mozart (le génial vorrei spiegar vi o dio). En prime, enchaînés les airs de Barbarina et de Susanna des Noces.
par wienergigi
publié dans :
Opéras et concerts
0
recommander
Capriccio est le dernier opéra composé par Richard Strauss, sur un livret cosigné par lui-même et le chef d'orchestre Clemens Krauss,
représenté pour la première fois à Munich en 1942!!!
L'oeuvre n'a rien d'une tragédie antique (Elektra) ni d'une comédie en musique (Rosenkavalier). C'est une cnversation en musique sur le thème de la primauté du texte sur la musique ou
l'inverse. Pas que quoi faire un opéra ? Eh bien si. Musique raffinée, réflexion sur l'opéra, le théâtre, l'amour. Des personnages hauts en couleurs, de belles pages en particulier la scène
finale où la Comtesse Madeleine, amoureuse se révèle incapable de trancher entre le compositeur Flamand et le poête Olivier, considérant que l'un ne peut pas aller sans l'autre.
Dernière nouvelle production de la saison, Capriccio a remporté un triomphe mérité : très belle direction de Philippe Jordan, qui ne ménage pas ses efforts dans la fosse et qui laisse parfois
l'orchestre s'emporter un peu trop. Mais l'opulence de certaines pages s'y prête. La mise en scène et les décors des Marelli dont on reconnaît une fois de plus la marque de fabrique fonctionnent
à merveille : couleurs vives, décors tournants, des costumes magnifiques. La distribution est presque sans faille, dominée par une Renée Fleming en état de grâce à qui décidément Strauss convient
à merveille, tour à tour espiègle puis nostalgique, avec son timbre de miel. A ses côtés, Michael Schade et Adrian Eröd, en frères ennemis sont parfaits tant sur le plan scénique que vocal, tout
comme le couple de chanteurs italiens campé par Jane Archibald et Cosmin Ifirm. Le comte de Skovhus est remarquablement interprété. Pour moi, son meilleur rôle actuellement. Les deux légers
bémols : La Clairon d'Angelika Kirchschlager et le La Roche de Franz Hawlata, très bons acteurs mais dont la voix semble un peu vieillie. Mais ce ne sont là que de petits chipotages.
Adrian Eröd, Renée Fleming, Philippe Jordan et Michael Schade
Bo Skovhus et Angelika Kirchschlager
par wienergigi
publié dans :
Opéras et concerts
5
recommander
A l'heure où la censure semble à nouveau de mise, à l'heure où la liberté d'expression est menacée, je vais surveiller mon vocabulaire -
pauvre au demeurant.
Hier soir, reprise des Vêpres siciliennes de Verdi, a priori pas mon opéra préféré. La saison passée, j'avais déjà commenté le spectacle. Cette fois-ci, il m'aura laissé une meilleure impression.
Même si la production en elle-même n'a pas grand intérêt (ces horribles escaliers noirs), à part celui de faire naître un sentiment d'oppression, la plupart des chanteurs méritaient le détour.
Comme toujours, Leo Nucci renouvelle sa performance en Guido di Monforte : présence scénique, style impeccable. Le temps semble ne pas avoir de prise sur cet artiste que j'étais allé écouter il y
a quinze jours dans une version concertante des rares Due Foscari du même Verdi. A ses côtés, Sondra Radvanovsky, Elena déjà en octobre 2006 ne démérite pas, bien au contraire. L'intonation est
mieux assurée, la voix toujours aussi importante avec le contre-ré optionnel de la fin du boléro. La chanteuse sait être émouvante. Pas déçu non plus par la prestation de Paata Burchuladze que
j'entendais pour la première fois. Découvert par Karajan en 1985 (il a enregistré avec lui Don Giovanni et le Requiem de Mozart), la basse géorgienne se révèle impressionnante malgré les ans et
un vibrato parfois un peu envahissant. Reste le ténor, l'américain Keith Ikaia-Purdy, à qui la Staatsoper a tout fait chanter depuis 15 ans de Jean dans Hérodiade à Rodolfo de la Bohème en
passant par Edgardo de Lucia... Ue voix dont il ne reste que la trame, forcée à la limite de l'accident.
par wienergigi
publié dans :
Opéras et concerts
3
recommander
Valencia, c'est la capitale de la paella. Miam, miam. C'était aussi la destination de notre dernier déplacement Comenius. Un petit
week-end sympa avec Mumu et trois élèves. Là-bas, nous avons été accueillis par nos collègues espagnols vraiment sympas : Teresa, Cristina et Paco. Après une demi journée de travail où nos élèves
ont présenté brillamment leurs travaux, nous avons profité de la ville et de tous ses charmes, qu'ils soient culinaires ou architecturaux. Le fleuve Turia, après les inondations de 1957 a été
détourné et à la place une magnifique promenade verte de plusieurs kilomètres avec, au bout, les célèbres bâtiments construits par l'architecte Calatrava. Splendide Palau de les Arts Reina
Sofia, non moins surprenant musée de la science où le futurisme se mêle aux structures de Gaudi.
Les bâtiments du XIXème sont aussi dignes d'intérêt et les bâtiments baroques et médiévaux ne leur cèdent rien (la lonja, ancienne bourse de commerce, notamment est un modèle du genre). Le marché
couvert, art déco est un véritable régal pour les yeux et le palais (jamon iberico succulent).
Enfin, à l'occasion de la fête Dieu, des chars réservés à la procession du dimanche étaient stationnés devant la cathédrale.
Côté expositions, nous avons été gâtés avec une très belle rétrospective du Greco et une dérangeante série de peintures de Bottero sur la prison d'Abu Ghraib.
Beaucoup de belles images donc, mais aussi beaucoup de fatigue : le rythme espagnol est parfois difficile surtout lorsqu'on doit corriger des copies, remplir des bulletins et faire les
répartitions de service pour la rentrée.
Nos trois élèves
La présentation au lycée de Valence
Fontaine de la Place
royale
Nos collègues espagnols
Un pont sur l'ancien Turia
L'opéra
Ensemble construit par
Calatrava
Une gargouille de la
Lonja
La cathédrale
Un très beau Christ
Les Chars de la procession
par wienergigi
publié dans :
wienergigi
8
recommander