J'ai failli ne pas y aller. Je suis arrivé à 18h58 à la Staatsoper. Représentation à 19h. J'étais passé soutenir une collègue d'Anglais très sympa.
Après beaucoup de stress, un spectacle grandiose.
L'oeuvre est très belle même si Donizetti a été plus inspiré je trouve pour Maria Stuarda mais le rôle d'Elisabeth est magnifiquement écrit. Tout dans la musique décrit l'amour que portait la reine pour le comte d'Essex et l'évolution psychologique du personnage est phénoménale. Femme blessée, trahie, jusqu'au désespoir final. Edita Gruberova est la grande Elisabeth aujourd'hui malgré ses 60 ans. Vocalement, c'est presque irréprochable et la technique force l'admiration autant que la manière dont elle habite le personnage. La scène finale, quand elle ôte sa perruque et laisse apparaître ses cheveux blancs et clairsemés est saisissante. Ovation pour la Gruby. Ses partenaires étaient à la hauteur, en particulier Sonia Ganassi dans le rôle de la rivale Sara, duchesse de Nottingham. Belle voix chaude et ample. Roberto Frontali n'a pas démérité non plus dans le duc. Reste le cas de Joseph Calleja, ténor montant. Il a une belle voix sombre et fragile à la fois mais... pas d'aigu. C'est un peu dommage dans le bel canto. Il a pas mal souffert dans les passages tendus d'autant que Gruberova lançait des decibels éclatants. La production est particulière avec un mélange de costumes XX° (le choeur) et fin XVI°-début XVII° pour les solistes. En tout cas je suis content d'y retourner dimanche.
Rideau final
Des spectateurs heureux : ma collègue de Lettres Isabelle, Yves (SVT), Marie (HG) et le mari d'Isabelle.
Edita Gruberova, alias Gruby









