Le printemps a été particulièrement clément à Vienne : un temps magnifique, de beaux concerts et aussi beaucoup de travail.

Côté opéras, une Italienne à Alger qui, sans faire oublier celles du passé dans la toujours insurpassable mise en scène de Ponnelle, offrait une belle distribution : Tro Santafé (un peu en retrait scéniquement mais vocalement proche de l'idéal) Florez (sans commentaire), Furlanetto remplaçant D'Arcangelo souffrant.


Quelques semaines plus tard, la plus belle Traviata du moment : Anna Netrebko entourée de Joseph Calleja et de Vladimir Stoyanov. Si la Diva est toujours un peu fâchée avec les vocalises et parfois l'intonation, elle offre, de surcroît dans une production plus que datée où il est difficile d'exprimer quoi que ce soit, une incarnation parfaite : puissance, fragilité. Calleja se révèle un excellent ténor dont j'avais pu apprécier toutes les qualités l'an passé dans les Capulet. Une voix qui se développe remarquablement bien. Stoyanov complète avec autorité le tiercé gagnant.
Autre grande star du moment, le beau Jonas Kaufmann. Mais ici, le physique est aussi associé à une voix d'une qualité remarquable, très sombre, capable de nuances infinies et quand elle est au service de Cavaradossi dans Tosca, on en est que davantage ébloui. Quel "recondita harmonia". Là aussi, la Staatsoper a été généreuse et lui a offert de dignes partenaires : la Tosca incandescente de Christine Naglestad et le toujours impressionnant Scarpia de Ruggero Raimondi.
Dernier opéra à la Staatsoper : Werther. J'avoue ma déception, peut-être due à un retour de festival de Cannes épuisant. Si Bertrand de Billy donne une très belle lecture, il n'est pas toujours aidé par des cordes elles aussi fatiguées ce soir là, et une Garanca qui donnait le minimum syndical. Ramon Vargas ne trouve pas en Werther son meilleur rôle mais il remplaçait Villazon qui, d'ailleurs, a annulé tous ses spectacles jusqu'à fin décembre.
Le Theater an der Wien offrait une nouvelle production de Mitridate, ouvrage d'un Mozart encore adolescent. Si les décors et les costumes, la transposition de Robert Carsen dans une dictature militaire ne m'ont pas toujours convaincu, le plateau offrait de beaux moments : Christiane Karg dans une touchante Ismene, Myrto Papatanasiou dans le rôle très exigeant de Sifare, Bejun Mehta en Franace pervers et surtout Patricia Petibon, souveraine en Aspasia : le duo Aspasia/Mitridate à la fin du II était un moment de grâce absolu.
Mai et juin sont les mois des Wiener Festwochen, festival de printemps où sont donnés, concerts, pièces de théâtre et opéras. J'ai vu le Didon et Enée de Purcell, dans la mise en scène de Deborah Warner et dirigé par William Christie. Un spectacle de haute volée, très esthétique et très bien servi par de belles voix dont celle de Luca Piasroni dans Enée. 
Enfin, prétexte d'un week-end à Milan, le Voyage à Reims de Rossini à la Scala : ma prmeière Scala. Avec Yves, nous étions partis pour voir Annick Massis mais le système du double cast ne nous a permis "que" d'entendre la deuxième distribution. Exceptées une Corinna et surtout une Madame Cortese aux voix acides, les autres rôles étaient très bien distribués. mention spéciales à Michael Spyres en Belfiore et à Marina Rebeka en Comtesse de Folleville. Par ailleurs, la mise en scène de Ronconi créée en 1984 à Pesaro à l'occasion de la redécouverte de l'ouvrage n'a pas pris une ride. Et la Scala est vraiment un opéra magnifique.
Milan donc, que je connaissais un peu, est une ville qui offre de belles surprises : au-delà du quartier du Duomo, de magnifiques parcs des rues agréables, des musées, qui sans renfermer des oeuvres majeures comme à Rome, Venise ou Florence, méritent parfois le détour comme la villa Belgiojoso Bonaparte. Le quartier du Naviglio et ses canaux est très agréable le soir.





Cette année encore, grâce à G et J, j'ai pu profiter du 62ème festival de Cannes. Une palme bien méritée (j'avais pris l'avion tout à fait par hasard avec Haneke) pour un film très intéressant sur un village de Prusse à la veille de la première Guerre mondiale. Ou comment une éducation stricte peut conduire à la génération qui va adhérer au nazisme. Très beau film d'Elia Suleiman aussi, autobiographique et le très émouvant film israélien Eyes wide open sur la difficulté de concilier foi et homosexualité dans le milieu ultra orthodoxe de Jérusalem. On pourra oublier le fim de fanny Ardant, ampoulé et caricatural. Quelle belle surprise en revanche, à Cannes Classic de voir apparaître les stars féminines du cinéma italien pour la projection de l'Avventura d'Antonioni.
Ambiance assurée avec la Divette, Maman et ma Domie d'amour qui nous a reçus comme des rois. Sans oublier les beignets de fleurs de courgettes de Marc dimanche dernier...






Côté choeur, un beau Solomon de Handel et surtout un très bel Alexander's feast du même, dans le cadre somptueux de l'abbaye de Melk. Enregistrement à la clef...

Et le boulot dans tout ça ? La fin du projet Comenius... Ouf, encore quelques touches finales et ce sera terminé. Quelques beaux paquets de copies mais la perspective de la fin de l'année motive. 

Sans oublier le récital de chansons grecques d'Agnes Baltsa fin avril : un régal.
 
Les vacances tant attendues sont arrivées.
Elles ont commencé par la dernière de Jenufa avec une Baltsa déchaînée et ovationnée à la fin du spectacle. Elle a même été très gentille avec ses fans. Dommage qu'elle ne chante pas la saison prochaine au Staatsoper. Très triste, j'avais l'impression que c'était la dernière fois que je la voyais dans un opéra...
Dimanche, départ pour Athènes. Nous avions pensé à la Sicile mais nous nous sommes finalement décidés pour la Grèce. Quelques jours à Athènes, sous la pluie une bonne partie du séjour et puis une petite virée à Mykonos et à Délos. Un vent glacial mais peu de touristes, des plages vides et donc de quoi profiter au maximum des ruelles et surtout du magnifique site de Délos. Des fleurs partout, des vestiges magiques.
Et puis la Grèce c'était aussi une cuisine délicieuse. Une cure d'aubergines et de feta.


















Des Evzones sexys

De retour à Vienne, Aida nous attendait, à peine sortie d'un apparemment inoubliable Elixir d'Amour avec Juan Diego Florez. Fascinée par la cuisine autrichienne, elle n'a pas pu résister aux pâtisseries et au roggenbrot. C'était le retour de l'ogresse. Quelques petits repas entre amis, quelques opéras et quelques répétitions pour moi.  


La soirée grecque avec Marie


Avec Pacsette chez Sperl


Avec la sublime Joyce DiDonato que j'ai ratée pour cause de répétition dans le Barbier
Pas de souci, je vais bien. Je n'ai tout simplement pas eu le temps d'écrire ces derniers temps. Je crois toujours que j'ai atteint mon maximum d'hyperactivité et puis non, je franchis toujours un nouveau pas. Alors quid de ma vie ? Beaucoup de travail donc et aussi beaucoup de déplacements. 
Comme je suis (un peu) historien, remontons le temps.
Après le petit week-end à Nice pour les Contes avec Annick et Juliette, je me suis envolé vers Berlin où Ol m'a rejoint. Trois jours extraordinaires. Je n'y étais plus allé depuis...1993 et les choses ont bien changé. Architecture moderne mais pas toujours audacieuse, rues démesurées, chantiers..., des richesses culturelles incroyables, l'empreinte de l'Histoire. Bref un tourbillon de surprises, de merveilles . Et puis, deux opéras de Richard Strauss à la Deutsche Oper : Die Aegyptische Helena, une rareté, nouvelle production avec un casting dominé par l'Hélène de Ricarda Merbeth. Musique magnifique avec quelques longueurs que parvient à faire oublier le talent du couple Marelli. Le lendemain, Elektra (encore) couplée judicieusement par la très rare Cassandra de Gnecchi. L'idée de présenter ces deux opéras dans une sorte de continuité est particulièrement ingénieuse. En première partie, le retour d'Agamemnon à Mycènes qui se termine par son meurtre puis, après l'entr'acte, le spectacle nous conduit quelques années plus tard. Même décor bien sûr, mêmes personnages qui ont vieilli. Rencontre au sommet entre la plus extraordinaire des Elektra- Janice Baird- et la toujours captivante Agnes Baltsa - Klytemnaestra.

















Une petite semaine de travail bien intense pour finir à Paris, appelé par le devoir (le stage AEFE).
L'occasion d'écouter la merveilleuse Marie-Nicole Lemieux dans un un programme Schumann particulièrement exigeant au TCE et, toujours au TCE le lendemain, la performance de la volcanique Joyce DiDonato dans la Béatrice de Béatrice et Bénédict de Berlioz. Soirée d'opéra en concert qui laisse sur sa faim tant les chanteurs sont inégaux et la direction sans vie (Colin Davis). Mon séjour à Paris a été marqué par le thème des expositions universelles : très belle rétrospective photographique à la conciergerie puis ballade près du Palais de Tokyo et visite du musée de l'immigration, ancien musée de l'Outre-mer inauguré lors de l'exposition coloniale de 1931. Un stage pour une fois intéressant avec l'expo Bonaparte et l'Egypte à l'IMA à la clef. Des collègues sympas, un IPR brillant et dynamique. C'est tellement rare que ça doit être souligné.

Nous voilà déjà aux vacances de février. Un week-end de St Valentin à Rome. Quoi de plus romantique ? Surtout quand le soleil est de la partie. Mon premier séjour à Rome. Un choc. On ne sait où donner de la tête. Emotion pure devant des oeuvres tant et tant étudiées en cours : Chapelle Sixtine, l'Ecole d'Athènes, le Château St Ange, les forums, les fontaines... Il me faut y retourner d'urgence. 













Retour à Vienne pour le bal de l'opéra. Encore un moment inoubliable où, transformé en agent de sécurité avec Marie, j'ai passé une partie de la soirée badgé à donner des informations aux invités et à demander aux gens de ne pas fumer. Ce qui ne m'a pas empêché de profiter du spectacle et de la danse jusqu'à la fermeture à...5h30.






La rentrée n'en a été que plus dure. Ma Divette est venue combler le vide laissé par le retour d'Ol. Près de trois semaines de vie commune, pour préparer notre mariage prévu en... 2040. Nous avons beaucoup travaillé. Des journées de 12 h (conseils de classes, TPE, formation, remplacement d'Aliénor, reprise des répétitions) mais beaucoup de moments sympas : opéras (surtout pour la Divette, dont la Lucia di Lammermoor avec Anna Netrebko et la pire des Carmen jamais entendue : Vesselina Kasarova), week-end à Budapest.





Wassyla partie, une semaine entière au lycée avec presque un lit de camp sur place. et puis, voyage à Paris avec les élèves. Epuisant bien sûr mais très enrichissant. Une très bonne Illusion comique à la Comédie Française et puis un moment de pause bien mérité chez Mariage Frères à lire le dernier Jean-François Parot.

Enfin hier soir, reprise de Jenufa de Janacek avec Agnes Baltsa dans le rôle de Kostelnica. L'orchestre joue trop fort mais Baltsa brûle les planches et Merbeth dessine une Jenufa magnifique de sensibilité. Encore une semaine et ce sont les vacances. Ouf.




L'an passé, j'ai testé l'Opernball, cette année, j'ai pénétré le monde fabuleux du Philharmonikerball. Strass et paillettes, Robes longues et fracks (l'occasion de tester le mien), fleurs, musique. Bref de beaux ingrédients pour une soirée réussie et quand en plus on est bien accompagné (par ma chère Babsi en l'occurence), on a parfois tendance à oublier l'heure.
Une entrée digne d'un bal de l'époque impériale avec un défilé de personnalités emmenées par Seiji Ozawa qui dirigeait un extrait de la Chauve Souris : musiciens, personnalités politiques, ambassadeurs... Un saut dans le temps. Après l'ouverture des débutants, un petit tour dans les nombreuses salles du Musiverein : ici un bar lounge avec Jazz live par des membres du Philharmonique, là une discothèque où l'on peut danser à côté d'un Seiji Ozawa déchaîné. Et puis bien sûr, valses, polkas, danses latinos dans la grande salle. Le temps d'un quadrille et d'une valse de l'empereur et il est déjà 2h30, le temps pour moi de rentrer dormir quelques heures avant de m'envoler pour Nice.








Petite journée à St Raph et hop, me revoilà a Nice avec Yves et Valéry pour les Contes d'Hoffmann. Un spectacle qui m'a laissé sur ma faim sur le plan visuel. Est-ce la crise ? Décors et costumes cheaps. Quelques bonnes idées de mise en scène cependant notamment notamment à l'acte d'Olympia. Nous avions fait le voyage pour voir la quadruple prise de rôle d'Annick Massis et le Nicklausse de Juliette. Nous n'avons pas été déçus. La première, malgré une grippe et une bronchite (!) a livré une interprétation mémorable, incroyable. Belle performance de Juliette et de Luca Lombardo en Hoffmann. 


 
Je pars à Paris dans deux semaines pour un stage organisé à l'AEFE. Très content de participer à un séminaire qui s'annonce intéressant.
Mais voici que je reçois aujourd'hui, une lettre de l'IPR annonçant qu'en vertu d'un décret de 2006, seul le transport est pris en charge. Pourquoi ? Parce que je suis expatrié. Donc le reste est pour ma pomme. J'adore la mesquinerie. 
Voici un petit extrait :

! Les personnels expatriés ne peuvent pas prétendre aux indemnités journalières (hébergement + restauration) car leur prime d’expatriation est incompatible avec ce type d’indemnité.( art 8 du décret 06-781 du 3 juillet 2006.)

 

«  L’Agent en mission, en intérim ou en tournée continue à percevoir le traitement, les suppléments pour charges de famille et les indemnités attachées à son emploi au lieu de sa résidence administrative.

Les indemnités de mission ou de stage ne peuvent se cumuler avec d’autres indemnités ayant le même objet.

Elles ne sont pas cumulables avec l’indemnité journalière de sujétions prévue par le décret du 15 octobre 2004 susvisé, ni avec l’indemnité de résidence attribuée en application du quatrième alinéa de l’article 5 du décret du 28 mars 1967 susvisé »

 

Ainsi pour ces personnels seuls les frais de transport seront pris en charge.

 

Ces personnels se voient d’ailleurs adresser un appel par ordre ( AO )et non pas un ordre de mission.

 

 
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